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Faim

Metaphoroads – de metaphorá, transport, chez Diogène ; et roads, routes, chez Kerouac – est arrivé au bout de sa route virtuelle. Mort cérébrale, car on n’enterre pas le virtuel. Metaphoroads – plus d’un an et demi, moins de deux ; 642 publications – était notre projet sans destinée. Il a pleinement vécu, car on vit plus intensément à vivre des hasards – la vie est un hasard contraire aux destinées, disait Gainsbourg. Et c’est ainsi que nous prenons un nouveau hasard, pour d’autres destinées. Nous partons tracer d’autres routes sur d’autres chantiers d’autres jungles d’autres déserts, aujourd’hui – et pas plus tard.
Pourquoi en finir ? Parce qu’il faut en finir. Nous jetons le bébé avec l’eau du bain en saisissant ce 7 mars pour en terminer. Un lundi, c’est un beau jour pour aller en voir d’autres ; on a les prétextes qu’on mérite – On mérite bien de s’inventer des prétextes.
Cette fin n’est pas une fin en soi. Ce n’est qu’un pas de plus vers nos horizons – Nos horizons, ces banquets d’amours nouveaux, ces banquets d’amis ensoleillés, ces banquets de projets à réaliser… Ces horizons, ces banquets nous attendent.
Et nous avons faim.
Maxxp

Sur le pouce, dernière

Samedi 05

Mars 2011

 

Tout début aura une fin (Obviously). Attendue… ou non.

On peut chercher à l’accompagner…

Moment brutal, moment fatal.

 

La situation n’était plus vivable. On l’a voulue, on l’a provoquée.

Tous la subissent. Pour un bien ou pour un mal.

 

L’accepter c’est aussi en faire son deuil. Accepter que ce soit fini. Et s’il est

fait avant ladite fin, c’est encore mieux.

 

Mais parfois la fin nous rattrape. On n’y arrivera pas.

On ne voudra pas. A tort ou à raison ?

Le passé ne peut se retourner. On est encore maître de son lendemain, jusqu’à la fin.

 

Le mot de la fin.

 

Le voyageur cherche

désespérément son bagage.

—-

(…) bruisser les feuilles des arbres. De l’autre côté, bien loin de la clairière d’Eden et de Satan, un mur de feuilles s’agite et s’ouvre, laissant passer Eve et Adam. Ils viennent d’atteindre le Grand Monde, l’herbe est plus drue et plus foncée. Au loin les montagnes dominent l’horizon. Des nuages gonflés d’eau défilent entre les cols, le cri d’un oiseau résonne et descend en cascade dans la vallée ; Eve et Adam poursuivent leur marche.

—-

Terminus

 

Mesdames, Messieurs, dans quelques instants notre TER entrera en gare de Nîmes, terminus de ce train.

Non, non, pas le terminus ! Poursuivons le voyage encore quelques minutes, monsieur le contrôleur! « Un moment encore, rien qu’un moment, monsieur le bourreau ! », implorait la comtesse du Barry au moment de se faire guillotiner.

Les dernières fois sont tragiques dans le sens où il nous faut savoir qu’il y a une fin, pour vivre l’instant intensément. Les optimistes le vivront mieux, ils vous diront que vous vous êtes fait un bon stock de jolis souvenirs, et que c’est l’essentiel ; les pessimistes ne pourront pas s’empêcher de se lamenter sur ce qu’ils perdent, quitte à ne même plus profiter des derniers instants.

Moi, j’ai choisi de vivre dans le déni – je ne dis plus au revoir, c’est tout. Les adieux se font en silence, je fais semblant qu’il n’y a pas de fin, tout en sachant pertinemment que rien ne dure.

Alors non, non, pas le terminus du train, s’il vous plaît !

Finalement le train s’arrête, insensible à mon sort, et la foule autour de moi s’éloigne rapidement vers d’autres contrées. Ou vers d’autres trains. Ah oui, tiens, d’autres trains. J’ai qu’à prendre d’autres trains, en fait, et puis continuer l’auto-stop quand même.

—-

Je ne sais pas quand tout a commencé, mais un jour, je me réveillerai et ce sera la fin.

—-

Alors que l’histoire était calée sur les rails bien pensants de la concurrence libre et non-faussée, un grain de sable est venu mettre en péril la mécanique. Des côtes méridionales de la Méditerranée au golfe Arabo-persique, un vent de révolte souffle sur les braises tout juste allumées de la liberté. Pas la liberté dans son acception occidentale, celle que l’on défend à cœur et à cri chez soi mais que l’on est bien incapable de défendre dès qu’il s’agit de préserver son pré carré ou d’exploiter les richesses du sous-sol. Non, de cette liberté-là, il n’en est plus question.

La rue arabe est en train de faire un joli pied de nez à l’histoire. Celle que l’on prétendait inculte, ignorante et docile, celle que l’on prétendait inapte à déposer un bulletin dans l’urne, est aujourd’hui la première à défendre des valeurs dont nous nous prétendions les seuls garants. L’hypocrisie des chancelleries occidentales a trop duré. Qu’il s’agisse du raïs ou du guide, leurs armes et leurs comptes en banque étaient fournis directement par leurs homologues de la rive nord du bassin. C’était sans compter sur l’irruption de celle dont on redoute l’entrée en scène. Au nord comme au sud.

La place de la Kasbah suivie de peu par la place Tahrir ont sifflé la fin de la représentation. Suivons leurs exemples.

—-

Comme une bouteille à la mer (que personne ne trouve)

J’ai l’impression qu’on m’appelle. On essaye de me dire quelque chose mais les mots sont enfouis sous des flots. Pourtant dans ma tête résonne un cri, une douleur. Quelqu’un veut me faire passer un message.

J’ai écrit mes souffrances, mes cauchemars, mes envies noires. On se sert de mes mots. Les démons qui hantent leur hôte sont-ils aussi sombres que les miens ?

Mais une réalité me paralyse : le naufragé appelle un autre naufragé.

Nous serons alors deux âmes en peine, coincées dans leurs pensées.

Mes ténèbres sont un espace réservé. Il en va de même pour les tiennes.

Les peurs qui nous hantent sont indéfinissables,

Elles sont insaisissables

 

Nos compagnons de fortunes, d’amitié, de passage, attrapent des mots au vol

L’assemblage est infini, et nous laisserait plus mort que vif

Nous nous refusons à mettre un terme à la litanie de notre esprit.

Loin de moi l’idée de pouvoir te comprendre, voyageons côte à côte, sait-on jamais.

 

Thibolino de la Mancha, Laura, Adeline, Jack Lenoir, Pierre, Anna Hache

 

 

 

 


Le Nageur

- Salut
- Salut
- Bah alors pourquoi tu ne m’as pas appelé ?
- (haussement d’épaules) Pour quoi faire ? Ça aurait changé quelque chose à ton avis ?
- Non mais j’aurais pu être là pour t’épauler.
- Je ne veux pas de pitié, ni d’apitoiement, même venant de toi
- Oh mais j’ai d’autres talents en réserve, mon sourire de séductrice et ma combinaison en lycra verte pomme…. Tu vois j’arrive à te faire sourire.
- C’était une grimace, t’imaginer en lycra vert a le don de me donner des hauts le cœur
- C’est  la jalousie, tu as toujours été ma plus grande fan.
- Peut-être…Tu as du feu ?
- Tu fumes toi maintenant ?
- Ça fait partie de mon nouveau personnage
- Ton nouveau personnage ? Tu deviens schizophrène ? C’est un effet secondaire ?
- (sourire) Non, c’est juste que ce personnage s’adapte mieux à la situation actuelle.
- Hum…Et à part se noircir les poumons, il a d’autres surprises à me réserver ce personnage, histoire que je sache comment m’y prendre avec lui ?
- Oui il est dans l’apparence. Tout est dans la carrosserie si je puis dire. Intouchable, froid distant mais sans un pet de travers. Rien ne transparait.
- Genre beauté nordique?
- Genre beauté nordique en moins blafarde, du moins j’espère, le blafard me donne un air cadavérique qui ne colle pas avec ce personnage.
- Et donc à l’intérieur c’est une coquille vide c’est ça ? Tout est transposé sur le devant de la scène.
- Exactement. L’intérieur c’est le néant. Enfin le néant et le nageur.
- Le Nageur ?
- Oui le nageur. Il est entré par ma bouche lors d’un moment d’inattention et depuis il me fourrage l’intérieur.
- C’est à dire ?
- C’est à dire le cœur, les tripes, les intestins, l’estomac les reins…
- Et il ne te laisse jamais en paix ?

- Jamais.

Babycakes

La radio

Bienvenue à tous sur Fun Radio ! Que vous soyez sur la route, sur votre lieu de travail ou bien tranquillement chez vous… – J’eus à l’énoncé de cet étouffant triptyque une pensée émue pour Pépé Lucien, lui qui n’aimait rien tant qu’écouter sa station préférée nu comme un ver au beau milieu d’un champ de blé.

Ju


Nachtraaf

N’as-tu pas vu encore les enfants du printemps ?

Je suis un oiseau de nuit – Nachtraaf

L’hiver a la crève, il se vide, agonise, il en finit
Voyez les cœurs qui dégèlent : ils se préparent à de nouvelles guerres ; passeront-ils l’été ?
Ils retomberont dans la misère de leur tombe

Je suis un oiseau de nuit – Nachtraaf

Crever l’abcès disent-ils
Vivre disent-ils
Partir

Parler de la fin, c’est être ailleurs déjà.

Maxxp

 

La marée

J’ai la vague à l’âme
Une vague qui vient s’échouer sur mon cœur et s’en va
Me laissant en proie au désordre et à une nostalgie qui me submerge
J’ai la vague à l’âme
C’est le flux d’une marée désordonnée qui vient reprendre possession de ma personne
Qui m’enveloppe et s’en retourne me laissant à mes faiblesses
J’ai la vague à l’âme
C’est un flux et un reflux
Celui d’une histoire qui ressert son étreinte et puis m’abandonne,
Me susurrant que c’est la fin d’une étape, la fin d’une vie

Et le début d’une nouvelle.

Babycakes

Le réseau social

Un homme est assis sur une chaise

On peut voir son plus beau profil

Tout le monde peut voir son beau profil

Tout le monde voit son beau profil

Il est donc assis sur une chaise

On voit qu’il regarde un autre beau profil

Le plus beau profil d’une fille

C’est une fille dont il a perdu le fil

Un jour à se planter des aiguilles

Après ce jour il a attaché ses aiguilles

Une à une et deux par deux tous en file

Indienne et d’Angleterre tout ça tranquille

Puis du monde entier toujours tranquille

Il n’a rien volé pour ça juste trouvé le bon fil

Et on a rien à voir avec tout ça sauf qu’on file

Plus droit du tout le monde a une aiguille

Dans le cerveau sous anesthésie c’est plus tranquille

Mais point de départ l’Homme est assis sur une chaise.

Maxxp

Sans Titre

J’ai appris à ne dormir que d’un côté du lit pour laisser aux rêves la place de prendre tous leurs sens et toutes leurs mesures.

Babycakes

Sans titre

Elle va traversant la pluie intermittente comme un théâtre qui déambule et va.

Maxxp

Être une géante

J’aurais aimé être une pieuvre
Un de ces animaux antédiluviens aux immenses tentacules
Qui effrayaient les marins et alimentaient les plus terribles légendes
Une de ces géantes pourvues de trois cœurs
Des cœurs toujours prêts à prendre le relai à la souffrance de l’un d’eux
Ces animaux descendant de l’hydre
Et dont les tentacules repoussent à chaque amputation

Une de ces gracieuses qui doivent leur survie à leur capacité à se terrer dans la plus petite interstice le temps que le monde soit à nouveau apte à les accueillir en  son sein.

Babycakes

Et les poissons étouffent

Tout tombe à l’eau. Et si vous ne savez pas nager, on vous poussera, pour voir.

Tout tombe à l’eau même les bateaux qui voudraient monter à terre.
Même toi Ô Bruges.
Même toi Ô Venise.

Tout tombe à l’eau c’est pas faute de vouloir la boire la mer.

Surtout les amours et le bébé du bain.

Même toi Ô Stockholm.
Même toi Ô Saint-Pétersbourg.

Tout tombe à l’eau et les poissons étouffent.

Maxxp

————

De réponse il n’y en avait pas, sinon cette réponse générale que la vie donne à toutes les questions les plus compliquées, les plus difficiles à résoudre : vivre au jour le jour, c’est à dire s’oublier ; mais, ne pouvant plus retrouver l’oubli dans le sommeil, du moins jusqu’à la nuit suivante, il fallait s’étourdir dans le rêve de la vie.

L. Tolstoï, Anna Karénine

Sans Titre

Jeux de maux
Jeux de solitude

Dans la tanière où même le rire se brise.

Babycakes

Une autre paire de manche

La totale liberté individuelle passe forcément par une solitude déréglée. Et la solitude, la solitude, ne t’y attarde pas trop. N’oublie pas : tu ne peux pas être entièrement libre ; mais finir seul, c’est une autre paire de manche.

Maxxp

Série Noire (fin)

Crever l’oeil de la vérité pour en faire suinter le doute imperméable

Babycakes

Making of(f) (ou comment raconter sa vie) de la brève pour la Saint-Val

Dimanche, 22:29. Il faut que j’écrive ma brève pour demain, j’ai 90 minutes plus ou moins, montre en mains. D’abord j’écris un truc sur les jeux, une histoire de joueur à faire palir Dostoïevski, ça fait un truc du genre :
- Les tricheurs ne sont pas des joueurs (bouh), etc, etc.

Dimanche, 22:45. Je reviens sur cette histoire de poker, qui parle plutôt d’amour, puisqu’il faut tout dire. Je balance tout aux ordures, la puanteur de ma solitude nocturne me rappelle à un truc sur la liberté. Paf, je l’ai, ma publication de demain. Et ne venez pas dire que ça ressemble à du Michaux.

Dimanche, 22:54. Pouf, je programme ma publication, et là, c’est le drame. Demain, c’est le 14 février. Je me sens visé. Il faut que je fasse un texte pour ma fiancée, ma femme, ma maîtresse, mes filles et mes trois lectrices (les grands jours) annuelles. Je suis coincé.

Dimanche, 23:15. Pif, moi qui hais toutes ces foutaises. Je me rencarde un peu grâce à Wiki. Dire qu’il y a des pays où la Saint-Valentin n’existe pas. Si, si. Et puis finalement, je découvre, après 23 épuisants 14 février dans ma vie, que j’ai un rapport intime, un peu, avec ce jour :

Valentin, confidence pour confidence, c’est mon deuxième prénom – et mon troisième, c’est Rocco.

Maxxp

Hédonisme

J’ai toujours cru qu’il fallait vivre intensément le moment présent, jouir de ce qu’on a ici et maintenant, sans se préoccuper ni du passé, ni de l’avenir. J’ai donc toujours pensé qu’on jouissait plus intensément des choses quand on savait qu’elles avaient une fin – après tout, la vie est précieuse parce qu’elle est courte, non?

Puis un jour, j’ai goûté au bonheur, au vrai. En sachant à l’avance qu’il ne durerait pas. Si on vous offrait une glace, est-ce que vous la refuseriez sous prétexte que c’est la dernière de l’été ? Non, bien sûr. Au contraire.

J’ai donc foncé, parce que l’amour est la seule catastrophe vers laquelle on court. L’histoire est belle parce qu’elle est courte, je pensais.

Et soudainement, j’ai ressenti l’amertume, ce goût de paradis perdu. Je me suis rendue compte que la glace n’était pas plus bonne parce que c’était la dernière. Car ensuite, j’ai passé mon hiver à pleurer cette glace, incapable de profiter de quoi que ce soit. La fumée de ma cigarette m’enveloppait comme le voile noir d’une veuve sicilienne.

Et puis je me suis réveillée. Voyons Adeline, on est en hiver, c’est pas la saison des glaces, qu’est-ce que tu racontes ? Des glaces, t’en auras d’autres l’été prochain, en attendant, profite de cette bière tiède qu’on va te servir au pub.

Adeline

Série noire (suite)

Il aurait fallu accepter trop d’incertitudes,

de circonvolutions du doute

pour continuer l’amour aveugle

Babycakes

Le Killer

Se lever en retard, c’est mal, certes. Mais c’est ausi un concept. Un concept de vie.
Jugez-en par vous-mêmes : le soir, en programmant son réveil, l’homme prévisualise dans sa tête le petit chemin routinier qui le mènera de sa couette au réajustement de sa cravate en passant par les cases “brosse à dent”, “charentaises” ou encore “Ricoré”. Empli de certitudes quant au bien-fondé de sa routine matinale, l’homme se couche en paix.

Le matin venu, l’homme se lève en sursaut 30 minutes après son réveil. Comme d’habitude. Car consciemment ou pas, il le fait exprès. C’est un drogué. En effet, après un bref instant de panique monte peu à peu en lui cet indescriptible élan de confiance qui le fait soudainement se lever d’un bond. Regardez-le bien : cet homme en retard, ce demi-animal qui vient de bondir lestement de son lit est peut-être à cet instant précis l’homme le plus puissant et le plus lucide du monde. Se rappellant de ses bonnes résolutions de la veille au soir, il les snobe superbement. Il n’envisage ni sa Ricoré, ni ses charentaises : c’est un homme décidé, qui va droit au but. C’est un tueur. Il a écarté le superflu et est désormais prêt à sucer la moelle de la vie : il part au travail.

Ju

Confession intime

Je crois toujours que la chanson « Il est libre Max » parle d’un maître qui a perdu son chien.

Maxxp

Les malotrus

Dans la vie, il y aura d’un côté ceux qui, francs et directs, vous diront : « je peux te tutoyer ? », et de l’autre les félons, les arrivistes, les passagers clandestins, les boit-sans-soif, les malotrus qui vous lanceront perfidement : « on se tutoie ? » en vous laissant ainsi la corvée de mettre en oeuvre la règle qu’ils ont eux-mêmes édictée.

Ju

Série Noire

Ébranlons les certitudes,

Le colosse de pierre mourra de croire savoir quel est le sens du Verbe.

Babycakes

Au revoir Lénine

Il y avait un autre monde
Derrière un mur
Un rideau
De fer
- – - -
Aujourd’hui je ne connais rien de tout ça et j’ai bien peur que nos petits frères nos petites sœurs n’en sachent encore moins
On a déclaré l’échec d’un système parce que vaincu la victoire d’un autre parce que survivant

Hier nous étions tous des juifs allemands

Demain nous serons tous des musulmans américains
- – - -
Il y avait un ailleurs
De chaque côté d’un mur
D’un rideau
Chemin faisant que faire ?

Maxxp

Petite histoire marquante

A la FINDUS-iècle dernier, GEANT VERT montait son fidèle TAUREAU AILE. Il venait de PUGET une peine pour avoir bu toute l’eau de la CLAIREFONTAINE. Il avait LU quelque part qu’UNCLE BEN’S voulait marier sa fille MARIE. C’est pourquoi il se rendait désormais devant le GRAND JURY. Le PRESIDENT de ce dernier ne pouvait s’empêcher de FERRERO et pets. CES BUITONI-fiants lui permettaient de ne pas s’HEPAR-piller.

- Faites le rentrer à trois, s’exclama-t-il.

- HEINZ, zwei, drei !

GEANT VERT s’exécuta. Assis en LOTUS devant LABEL, le SAUPIQUET des fards devant tant de beauté. MARIE, le regard d’EVIAN s’exclama enrhumée :

- Oh don ! BADOIT !!

- OKAY, répondit-il simplement.

Après cette DUREX-périence, GEANT VERT retourna auprès de son fidèle destrier, qui était ma foi bien DURACELL-er. Dans les airs il chantonnait :

- AMORA-MORA ! HOLLYWOOD me voilà !!!

Marion

La caméra à l’épaule

Tout doucement, la caméra à l’épaule

Il l’embellit

Déroulant le fil de son histoire à elle

Petit Poucet avançant pas à pas dans son ombre

Elle, héroïne de sa propre vie

Vie suggérée en pointillées

Jolie quête en perspective

Que la recherche de soi-même

Babycakes

Mais où va donc ce site ?

Il faut bien avouer que ça a un côté sacrément nihiliste, ces publications quotidiennes. Attention : je ne suis pas en train de dire que nos articles, insensibles au temps qui passe, n’auraient pas chacun leur saveur bien particulière. Affirmez cela preuves à l’appui, si vous osez. Il y a certes ce “nuage de mots”, à notre droite, nous indiquant que nous avons nos petites lubies : on a parlé du “temps” x fois, de la “vie” y fois, de la “mort” z fois… Vous avez remarqué, d’ailleurs ? Que du beau, du poétique, du profond… Du très lourd, en somme. Chacun d’entre nous tente parfois de tagguer des inepties (car oui, bien que nous ne soyons pas des délinquants à la petite semaine, nous aussi tagguons, gentiment, carapatés derrière nos écrans, sans toutefois avoir à détaler une fois accomplie notre mission) – Joe Dassin, barbecue, île flottante, kamasutra, Annie Cordy -, mais ne nous voilons pas la face, ce site ne parle en profondeur ni de Joe Dassin, ni de barbecues, ni d’îles flottantes, ni du kamasutra, ni d’Annie Cordy (en passant, quelle légitimité aurait un site ayant l’idée saugrenue de lier l’art du kamasutra à cette brave Annie Cordy ?), ce que certains doivent sûrement regretter.

Mais je me perds en conjectures. Nous disions donc : ce site semble totalement snober le temps qui passe, avec ses saisons, ses événements religieux, politiques, médiatiques et culturels. Et c’est ici que je pensais, pour ce 4 février, vous montrer tout le bien-fondé de cette ligne éditoriale en déterrant devant vos yeux ébahis une interlope Journée de la guimauve ou autre festivité croquignolesque de cet acabit ; hélas pour moi, on ne rigole pas avec le 4 février : c’est la Journée Mondiale contre le Cancer. Respect total, ça c’est pas de la guimauve.

Voyez donc : hier, nous parlions politique (vif débat parmi les 47 membres permanents de notre comité de rédaction, appels incessants de la part de nos 68 actionnaires interloqués). Aujourd’hui, nous nous prenons nous-mêmes comme sujet de publication tandis que la vie, la mort et le temps attendaient avidement nos salvatrices allégations à leur sujet.

Je vous pose alors la question : mais où va donc Metaphoroads ?

Ju

Anecdote de la pédagogie européenne

Ceci est un bruit de couloir européen :

 » – Je vous le dis comme je l’ai dit au Maire, sur les subventions européennes, c’est n’importe quoi, le FEDER est très mal employé, pour la région on a 12 millions d’euros, et vous savez comment on les distribue ? Six millions à Colmar, six millions pour Strasbourg ! Strasbourg avec ses frais de capitale européenne devrait avoir beaucoup plus ! Cela me rappelle quand il a refusé les compétences de gestions de l’UE, parce qu’il me faisait confiance uniquement, les autres régions n’ont rien compris, on est là pour prendre l’argent, pas pour gérer des dossiers à la place de la Commission européenne. A Nantes, ils ont tout compris, la ville prend 14 millions et le reste est distribué par grain de sable aux alentours. C’est inacceptable, sur le dernier pont, la subvention du FEDER est cachée en dessous sur une plaque que personne ne peut voir ! Et après on dit que les gens n’aiment pas l’Europe, qu’ils ne la comprennent pas. Mais moi je vous le dis comme je l’ai dit au Maire, la vérité, c’est qu’on rend l’Europe compliquée et qu’on l’explique mal. »

Maxxp

Coup de foudre à Manhattan

Ah ces bains de foule, ces frottements sensuels,
Toute cette délicieuse promiscuité…
Ces corps qui se frôlent dans leur chasse à la bonne affaire
Et ce charmant qui entre dans ma boutique… Y a-t-il une chance qu’il me remarque, ou bien va-t-il me jeter un de ces regards froids et dédaigneux ?
Oh mais le voici qui approche… Quelle nonchalance, quelle beauté…
Et comme il est bien apprêté ! Cette veste en tweed et ce pantalon à pinces
Quel homme de goût !
Mais le voilà qui m’attrape par la manche et me met sur son dos
Quel assurance quelle confiance en lui, mais pour quoi me prend-t-il ?
Pour une de ces filles faciles qu’il met dans son lit ?
J’ai un certain standing moi, je ne sors pas d’un marché aux puces.
Enfin, on peut dire qu’il est sacrément sexy, cela l’excusera
et puis les copines vont être sacrément vertes…
quelle chance  j’ai dis-donc,

Je vais être le manteau le plus en vue de Manhattan

Babycakes

Sur le chemin de Stevenson

De deux choses l’une : soit s’extasier de loin à la vue de ces deux randonneuses marchant de concert d’un pas décidé, avançant confiamment vers les défis qui les attendent,  leurs deux grands compas s’étirant à la même allure, leurs visages aussi détendus et avenants l’une que l’autre ; soit prendre ses jumelles et compatir pour celle des deux qui imperceptiblement force le pas pour suivre la cadence imprimée, déguise à grand peine son rictus de douleur en une espèce de sourire contrit, et assommera d’ici peu sa partenaire de marche d’un vil jet de pierre derrière la nuque pour une douteuse affaire de répartition des barres céréalières.

Ju

Haïku

Froid entre tes mains
à Strasbourg j’imagine
s’écouler le Rhin.

Maxxp

Sans Titre

L’espagnol, c’est la langue de l’enfance. C’est la langue du foyer, c’est la langue de la mère, c’est la langue du réconfort, de la cheminée, de Noël, du souvenir, des racines et de l’identité. C’est la langue enfouie sous des couches d’autres mots, la langue presque oubliée qui ne demande qu’à ressurgir.

« Y poco a poco, hemos olvidado tu idioma, aquel de nuestra madre » (flamenco La Molinera)

L’anglais, c’est la langue fonctionnelle. C’est la langue pratique, qui va droit au but. C’est la langue branchée, mais c’est aussi la langue qui sent bon la bière et le pub miteux. C’est la langue magique des sixties, des Beatles et de la légèreté. Mais surtout la langue de l’exil.

« When, sick for home, she stood in tears amid the alien corn » (Keats, Ode à un rossignol)

Le français, c’est la langue des langues. C’est la langue de l’écriture et de la poésie, la langue des mots, des mots à n’en plus finir, à foison, en vrac, dans tous les sens, en boucle, baroques, excentriques, biscornus, en un mot : beaux. C’est la langue de toujours, la langue de l’amour et du partage, celle que je n’oublierai jamais.

« [La poésie] dévoile le son de la couleur dans ce qui est » (Yves Bonnefoy, Les Planches courbes)

Adeline