Samedi 05
Mars 2011
Tout début aura une fin (Obviously). Attendue… ou non.
On peut chercher à l’accompagner…
Moment brutal, moment fatal.
La situation n’était plus vivable. On l’a voulue, on l’a provoquée.
Tous la subissent. Pour un bien ou pour un mal.
L’accepter c’est aussi en faire son deuil. Accepter que ce soit fini. Et s’il est
fait avant ladite fin, c’est encore mieux.
Mais parfois la fin nous rattrape. On n’y arrivera pas.
On ne voudra pas. A tort ou à raison ?
Le passé ne peut se retourner. On est encore maître de son lendemain, jusqu’à la fin.
Le mot de la fin.
Le voyageur cherche
désespérément son bagage.
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(…) bruisser les feuilles des arbres. De l’autre côté, bien loin de la clairière d’Eden et de Satan, un mur de feuilles s’agite et s’ouvre, laissant passer Eve et Adam. Ils viennent d’atteindre le Grand Monde, l’herbe est plus drue et plus foncée. Au loin les montagnes dominent l’horizon. Des nuages gonflés d’eau défilent entre les cols, le cri d’un oiseau résonne et descend en cascade dans la vallée ; Eve et Adam poursuivent leur marche.
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Terminus
Mesdames, Messieurs, dans quelques instants notre TER entrera en gare de Nîmes, terminus de ce train.
Non, non, pas le terminus ! Poursuivons le voyage encore quelques minutes, monsieur le contrôleur! « Un moment encore, rien qu’un moment, monsieur le bourreau ! », implorait la comtesse du Barry au moment de se faire guillotiner.
Les dernières fois sont tragiques dans le sens où il nous faut savoir qu’il y a une fin, pour vivre l’instant intensément. Les optimistes le vivront mieux, ils vous diront que vous vous êtes fait un bon stock de jolis souvenirs, et que c’est l’essentiel ; les pessimistes ne pourront pas s’empêcher de se lamenter sur ce qu’ils perdent, quitte à ne même plus profiter des derniers instants.
Moi, j’ai choisi de vivre dans le déni – je ne dis plus au revoir, c’est tout. Les adieux se font en silence, je fais semblant qu’il n’y a pas de fin, tout en sachant pertinemment que rien ne dure.
Alors non, non, pas le terminus du train, s’il vous plaît !
Finalement le train s’arrête, insensible à mon sort, et la foule autour de moi s’éloigne rapidement vers d’autres contrées. Ou vers d’autres trains. Ah oui, tiens, d’autres trains. J’ai qu’à prendre d’autres trains, en fait, et puis continuer l’auto-stop quand même.
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Je ne sais pas quand tout a commencé, mais un jour, je me réveillerai et ce sera la fin.
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Alors que l’histoire était calée sur les rails bien pensants de la concurrence libre et non-faussée, un grain de sable est venu mettre en péril la mécanique. Des côtes méridionales de la Méditerranée au golfe Arabo-persique, un vent de révolte souffle sur les braises tout juste allumées de la liberté. Pas la liberté dans son acception occidentale, celle que l’on défend à cœur et à cri chez soi mais que l’on est bien incapable de défendre dès qu’il s’agit de préserver son pré carré ou d’exploiter les richesses du sous-sol. Non, de cette liberté-là, il n’en est plus question.
La rue arabe est en train de faire un joli pied de nez à l’histoire. Celle que l’on prétendait inculte, ignorante et docile, celle que l’on prétendait inapte à déposer un bulletin dans l’urne, est aujourd’hui la première à défendre des valeurs dont nous nous prétendions les seuls garants. L’hypocrisie des chancelleries occidentales a trop duré. Qu’il s’agisse du raïs ou du guide, leurs armes et leurs comptes en banque étaient fournis directement par leurs homologues de la rive nord du bassin. C’était sans compter sur l’irruption de celle dont on redoute l’entrée en scène. Au nord comme au sud.
La place de la Kasbah suivie de peu par la place Tahrir ont sifflé la fin de la représentation. Suivons leurs exemples.
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Comme une bouteille à la mer (que personne ne trouve)
J’ai l’impression qu’on m’appelle. On essaye de me dire quelque chose mais les mots sont enfouis sous des flots. Pourtant dans ma tête résonne un cri, une douleur. Quelqu’un veut me faire passer un message.
J’ai écrit mes souffrances, mes cauchemars, mes envies noires. On se sert de mes mots. Les démons qui hantent leur hôte sont-ils aussi sombres que les miens ?
Mais une réalité me paralyse : le naufragé appelle un autre naufragé.
Nous serons alors deux âmes en peine, coincées dans leurs pensées.
Mes ténèbres sont un espace réservé. Il en va de même pour les tiennes.
Les peurs qui nous hantent sont indéfinissables,
Elles sont insaisissables
Nos compagnons de fortunes, d’amitié, de passage, attrapent des mots au vol
L’assemblage est infini, et nous laisserait plus mort que vif
Nous nous refusons à mettre un terme à la litanie de notre esprit.
Loin de moi l’idée de pouvoir te comprendre, voyageons côte à côte, sait-on jamais.
Thibolino de la Mancha, Laura, Adeline, Jack Lenoir, Pierre, Anna Hache
J’ai toujours cru qu’il fallait vivre intensément le moment présent, jouir de ce qu’on a ici et maintenant, sans se préoccuper ni du passé, ni de l’avenir. J’ai donc toujours pensé qu’on jouissait plus intensément des choses quand on savait qu’elles avaient une fin – après tout, la vie est précieuse parce qu’elle est courte, non?
Puis un jour, j’ai goûté au bonheur, au vrai. En sachant à l’avance qu’il ne durerait pas. Si on vous offrait une glace, est-ce que vous la refuseriez sous prétexte que c’est la dernière de l’été ? Non, bien sûr. Au contraire.
J’ai donc foncé, parce que l’amour est la seule catastrophe vers laquelle on court. L’histoire est belle parce qu’elle est courte, je pensais.
Et soudainement, j’ai ressenti l’amertume, ce goût de paradis perdu. Je me suis rendue compte que la glace n’était pas plus bonne parce que c’était la dernière. Car ensuite, j’ai passé mon hiver à pleurer cette glace, incapable de profiter de quoi que ce soit. La fumée de ma cigarette m’enveloppait comme le voile noir d’une veuve sicilienne.
Et puis je me suis réveillée. Voyons Adeline, on est en hiver, c’est pas la saison des glaces, qu’est-ce que tu racontes ? Des glaces, t’en auras d’autres l’été prochain, en attendant, profite de cette bière tiède qu’on va te servir au pub.
A la FINDUS-iècle dernier, GEANT VERT montait son fidèle TAUREAU AILE. Il venait de PUGET une peine pour avoir bu toute l’eau de la CLAIREFONTAINE. Il avait LU quelque part qu’UNCLE BEN’S voulait marier sa fille MARIE. C’est pourquoi il se rendait désormais devant le GRAND JURY. Le PRESIDENT de ce dernier ne pouvait s’empêcher de FERRERO et pets. CES BUITONI-fiants lui permettaient de ne pas s’HEPAR-piller.
- Faites le rentrer à trois, s’exclama-t-il.
- HEINZ, zwei, drei !
GEANT VERT s’exécuta. Assis en LOTUS devant LABEL, le SAUPIQUET des fards devant tant de beauté. MARIE, le regard d’EVIAN s’exclama enrhumée :
- Oh don ! BADOIT !!
- OKAY, répondit-il simplement.
Après cette DUREX-périence, GEANT VERT retourna auprès de son fidèle destrier, qui était ma foi bien DURACELL-er. Dans les airs il chantonnait :
- AMORA-MORA ! HOLLYWOOD me voilà !!!
Marion
L’espagnol, c’est la langue de l’enfance. C’est la langue du foyer, c’est la langue de la mère, c’est la langue du réconfort, de la cheminée, de Noël, du souvenir, des racines et de l’identité. C’est la langue enfouie sous des couches d’autres mots, la langue presque oubliée qui ne demande qu’à ressurgir.
« Y poco a poco, hemos olvidado tu idioma, aquel de nuestra madre » (flamenco La Molinera)
L’anglais, c’est la langue fonctionnelle. C’est la langue pratique, qui va droit au but. C’est la langue branchée, mais c’est aussi la langue qui sent bon la bière et le pub miteux. C’est la langue magique des sixties, des Beatles et de la légèreté. Mais surtout la langue de l’exil.
« When, sick for home, she stood in tears amid the alien corn » (Keats, Ode à un rossignol)
Le français, c’est la langue des langues. C’est la langue de l’écriture et de la poésie, la langue des mots, des mots à n’en plus finir, à foison, en vrac, dans tous les sens, en boucle, baroques, excentriques, biscornus, en un mot : beaux. C’est la langue de toujours, la langue de l’amour et du partage, celle que je n’oublierai jamais.
« [La poésie] dévoile le son de la couleur dans ce qui est » (Yves Bonnefoy, Les Planches courbes)
Adeline